Retour à domicile après hospitalisation: comment préparer la maison ?

Ce n’est pas tout de pouvoir quitter l’hôpital.

Votre proche peut-il franchir le seuil de la maison ? Atteindre les toilettes ? Se relever du lit ? Comprendre ses nouveaux médicaments ? Appeler quelqu’un si son état se dégrade ?

Un retour à domicile après hospitalisation commence dès que la date de sortie est envisagée.

Préparer la maison permet de réduire des risques très concrets:

  • une chute dans les premières heures
  • un médicament oublié, doublé ou poursuivi par erreur
  • un soin retardé faute de matériel
  • un épuisement rapide de l’aidant
  • un retour aux urgences qui aurait parfois pu être évité.

Il s’agit de vérifier que la vie quotidienne reste possible avec l’état réel du patient, et non avec l’autonomie qu’il avait avant son hospitalisation.

La sortie commence avant de quitter l’hôpital

Avant le départ, posez à l’équipe hospitalière ces quelques questions:

  • Peut-il se lever seul
  • Peut-il marcher jusqu’aux toilettes
  • Peut-il monter les escaliers
  • A-t-il besoin d’aide pour se laver, s’habiller ou manger
  • Quels médicaments ont été ajoutés, modifiés ou arrêtés ?
  • Du matériel doit-il être installé avant son arrivée ?
  • Quels symptômes doivent conduire à appeler le médecin ou l’hôpital ?
  • Qui contacter le soir, la nuit ou pendant le week-end ?

La réponse « vous verrez bien à la maison » n’est pas une organisation: n’hésitez pas à appeler Harmoneo pour vous accompagner dans l’organisation du retour à domicile.

Avant de quitter le service, vérifiez que vous avez reçu:

  • le rapport de sortie (insistez!)
  • la liste actualisée des médicaments (insistez aussi!)
  • les prescriptions de soins et de matériel (insistez encore 🙂 )
  • les rendez-vous de contrôle
  • les consignes liées à une plaie, une sonde, un cathéter ou un drain
  • les coordonnées du service à contacter en cas de problème.

S’il manque quelque chose, demandez-le avant le départ afin que nous n’ayons pas à tenter de reconstituer le dossier médical le soir même autour de la table de la cuisine.

Parce que ça arrive encore trop souvent

Le patient est rentré et on ne sait pas si son traitement a changé, ni son diagnostic exact.

La chambre est à l’étage alors que le patient ne sait plus monter trois marches. Les tapis glissent. Les câbles traversent le passage. Le lit est tellement bas qu’il faut presque porter la personne pour l’en sortir.

Aucun endroit n’a été prévu pour les soins. Les ordonnances sont dispersées. Les anciens médicaments sont mélangés aux nouveaux.

Et au milieu de tout cela, une famille déjà épuisée tente de faire au mieux avec des informations incomplètes.

Ce n’est pas un manque de bonne volonté de la part des proches. C’est un manque d’anticipation, d’accompagnement et de coordination entre l’hôpital et le domicile.

Aménager la chambre et sécuriser les déplacements

Si les escaliers sont devenus dangereux, installez temporairement la chambre au rez-de-chaussée.

Oui, cela peut bouleverser la maison. Mais mieux vaut dormir quinze jours dans la salle à manger que tomber une fois dans l’escalier.

Autour du lit, prévoyez suffisamment d’espace de chaque côté, pour les soins et les transferts. L’espace nécessaire dépend du matériel, de la mobilité du patient et du nombre de personnes qui doivent l’aider. Il n’existe pas une distance universelle valable pour tout le monde.

Vérifiez également:

  • la hauteur du lit
  • la stabilité de la table de nuit
  • l’accès à une prise électrique sans rallonge qui traverse la pièce
  • la présence d’un éclairage accessible depuis le lit
  • le chemin entre le lit et les toilettes
  • la possibilité d’approcher un déambulateur ou un fauteuil roulant
  • la présence d’une chaise stable avec des accoudoirs.

Retirez les tapis, les petits meubles, les câbles et tout ce qui oblige le patient à contourner un obstacle.

Si un lit classique ne permet plus de se relever, de respirer confortablement ou de recevoir les soins dans de bonnes conditions, il faut envisager un lit adapté. Vous trouverez ici les démarches pour obtenir un lit médicalisé à domicile.

Les barrières de lit, en revanche, ne doivent pas être installées automatiquement. Chez une personne confuse ou qui tente de les escalader, elles peuvent augmenter le danger. Leur utilisation doit être évaluée en fonction du patient et de la compatibilité entre le lit, le matelas et les barrières.

Si la personne reste longtemps couchée ou se mobilise très peu, pensez également à faire évaluer le risque d’escarre et à choisir un matelas anti-escarres adapté.

Prévoir l’accès aux toilettes et à la salle-de-bain

La salle de bain est souvent l’endroit où les difficultés apparaissent en premier.

Testez le trajet réel:

  • le patient peut-il ouvrir la porte avec son aide à la marche ?
  • peut-il s’asseoir et se relever des toilettes ? Si non, pensez à un rehausseur et/ou une poignée
  • peut-il entrer dans la douche sans enjamber un rebord dangereux ?
  • le sol devient-il glissant lorsqu’il est mouillé ?
  • peut-il rester debout assez longtemps pour se laver ? Si non, pensez à un siège de douche

Selon la situation, il peut être nécessaire de prévoir:

  • un siège de douche
  • une poignée pour se redresser de la douche et/ ou des toilettes
  • une chaise percée ou un rehausseur de toilettes
  • une barre d’appui correctement fixée
  • un tapis antidérapant adapté
  • une aide humaine pour la toilette.

N’achetez pas tout au hasard. Un matériel mal choisi peut encombrer la pièce sans réellement sécuriser le patient. Nous vous guiderons.

Mettre les médicaments au clair

Le retour à domicile est un moment particulièrement sensible pour les médicaments. Certains traitements ont été arrêtés à l’hôpital, d’autres modifiés, et de nouveaux médicaments ont parfois été ajoutés.

Gardez une seule liste à jour, avec:

  • le nom du médicament
  • la dose
  • l’heure de prise
  • la raison du traitement, si elle est connue
  • la date de début ou de fin lorsqu’elle est prévue.

Mettez les anciennes boîtes de côté afin d’éviter de reprendre un traitement interrompu par erreur. Ne les jetez pas avant d’avoir vérifié la nouvelle liste avec le médecin ou le pharmacien.

Assurez-vous aussi de savoir:

  • quand prendre la première dose à domicile
  • quels médicaments doivent être conservés au réfrigérateur
  • qui prépare les prises si le patient ne peut plus le faire seul
  • qui appeler en cas d’oubli, de vomissement ou d’effet indésirable.

En cas d’incohérence entre l’ordonnance, le rapport de sortie et les boîtes présentes à la maison, ne devinez pas. Contactez le médecin, le service hospitalier ou le pharmacien.

L’Organisation mondiale de la Santé identifie d’ailleurs les transitions entre lieux de soins, dont la sortie d’hôpital, comme des moments importants pour la sécurité médicamenteuse.

Préparer l’espace nécessaire aux soins

Pour la sécurité et le confort de votre proche, son infirmière a besoin de conditions correctes pour travailler.

Prévoyez, si possible:

  • une surface propre et dégagée
  • un éclairage suffisant
  • le matériel et les prescriptions au même endroit
  • une poubelle accessible
  • du savon, de l’eau et de quoi s’essuyer les mains
  • un accès facile au patient
  • un minimum de calme et d’intimité.
  • la carte d’identité du patient

Si des pansements, injections, perfusions ou soins de cathéter sont prévus, contactez-nous avant le retour. Nous pourrons vérifier les prescriptions, la disponibilité du matériel et la faisabilité des soins.

Le premier passage ne devrait pas servir à découvrir qu’il manque la moitié de ce qui est nécessaire.

Organiser aussi la présence humaine

Le matériel ne règle pas tout.

Il faut savoir qui sera présent le premier soir, qui préparera les repas, qui aidera au lever et qui pourra intervenir si la personne tombe ou se sent mal.

Posez les limites clairement. Un conjoint âgé, un enfant qui travaille ou un voisin disponible de temps en temps ne peuvent pas assurer seuls une présence permanente.

Prévoyez, si possible:

  • des repas simples et des boissons accessibles
  • un téléphone chargé à portée de main
  • les numéros utiles affichés clairement
  • un double des clés ou une boîte à clé si un soignant doit entrer
  • l’organisation des courses et des rendez-vous
  • la gestion des animaux domestiques
  • une répartition réaliste des tâches entre les proches et surtout, n’hésitez pas à vous faire aider par les services d’aides ménagères et d’aides familiales. N’hésitez pas à lire notre article « qui fait quoi? »

Et surtout, parlez avec le patient.

Demandez-lui ce qui lui fait peur. Beaucoup de personnes n’osent pas dire qu’elles ne savent plus se relever, qu’elles n’ont pas compris leur traitement ou qu’elles craignent de rester seules.

L’orgueil est humain. Il faut le contourner avec douceur, pas attendre qu’une chute le fasse à notre place.

La checklist du retour à domicile après hospitalisation

Avant l’arrivée du patient, Harmoneo vous conseille de vérifier les points suivants:

  • Le rapport de sortie et les prescriptions sont disponibles.
  • Les médicaments ont été vérifiés et récupérés.
  • Le premier passage de notre équipe est confirmé.
  • Le médecin traitant a été informé.
  • Le matériel nécessaire a été livré et installé.
  • Le patient peut accéder au lit et aux toilettes.
  • Les tapis, câbles et obstacles ont été retirés.
  • La toilette peut être réalisée en sécurité.
  • Les repas et les boissons sont prévus.
  • Un proche sera présent si l’autonomie est insuffisante.
  • Les numéros à appeler sont connus.
  • Les rendez-vous et transports sont organisés.

Qui contacter en Belgique ?

Plusieurs intervenants peuvent préparer le retour:

  • Le service social de l’hôpital: il doit être sollicité avant la sortie lorsqu’il faut organiser des aides, du matériel ou un accompagnement.
  • Le médecin traitant: il reprend le suivi médical et peut prescrire certains soins ou équipements.
  • L’équipe infirmière à domicile: elle évalue la faisabilité des soins, repère ce qui manque et assure les transmissions nécessaires.
  • Le pharmacien: il aide à clarifier le nouveau traitement et à éviter les doublons.
  • La mutualité ou le fournisseur de matériel médical: pour connaître les possibilités de location, de prêt et d’intervention financière.
  • Le kinésithérapeute: pour la marche et l’équilibre.
  • Les services d’aide aux familles et aux aînés: pour l’aide aux repas et à la vie quotidienne. L’AVIQ publie une liste des services agréés en Wallonie.
  • Le CPAS: il peut informer, orienter ou intervenir selon la situation sociale, les revenus et les services disponibles dans la commune.

Les conditions, les délais et le coût éventuel varient selon la situation. N’attendez donc pas la veille de la sortie pour commencer les démarches.

Une maison prête, c’est un retour à domicile serein

Préparer un retour à domicile après hospitalisation, c’est vérifier que le patient pourra dormir, se déplacer, se soigner, manger et appeler à l’aide sans se mettre en danger.

C’est aussi reconnaître que l’amour d’une famille ne remplace ni le matériel adapté, ni les informations médicales, ni les professionnels nécessaires.

Et si la perte d’autonomie de votre proche nécessite de plus grands travaux, lisez notre article sur les aides wallonnes à l’adaptation du logement.

Pensez-y 🙂