Aides à la mobilité à domicile: choisir sans se tromper
Perdre de la mobilité ne signifie pas forcément ne plus pouvoir marcher.
Parfois, la personne marche encore, mais elle n’ose plus sortir. Elle se lève en s’agrippant aux meubles, limite ses déplacements jusqu’aux toilettes et finit par rester dans son fauteuil parce qu’elle a peur de tomber.
À ce stade, le bon équipement peut réellement changer le quotidien. Mais encore faut-il choisir le bon.
Comprendre pourquoi la personne marche moins
Une perte de mobilité récente ne doit pas être automatiquement rangée dans la case « c’est l’âge ».
Elle peut être liée à:
- une douleur
- une infection
- une baisse de tension
- une déshydratation
- un médicament mal toléré
- une perte de force après une hospitalisation
- un trouble neurologique
- une peur de tomber après une première chute
- des chaussures devenues inadaptées
- un essoufflement ou une fatigue anormale.
Si la difficulté apparaît brutalement, si une jambe ne répond plus correctement, si la personne présente une faiblesse d’un côté, une confusion, un malaise ou un essoufflement inhabituel, on ne commande pas un déambulateur sur internet: on demande un avis médical rapidement.
Comment choisir une aide à la mobilité à domicile ?
Il n’existe pas une aide correspondant mécaniquement à chaque niveau de dépendance.
Le choix dépend de plusieurs facteurs:
- de l’équilibre
- de la force dans les jambes et les bras
- de la capacité à prendre appui
- de l’endurance
- de la compréhension des consignes
- de la vue
- de la capacité à utiliser des freins
- du poids de la personne
- de la largeur des portes
- des seuils et des revêtements de sol
- de l’utilisation prévue à l’intérieur ou à l’extérieur.
Un kinésithérapeute peut évaluer la marche et régler correctement l’aide technique. Un ergothérapeute peut vérifier si elle est compatible avec le logement et les activités quotidiennes.
La canne pour un point d’appui supplémentaire
La canne convient lorsque la personne marche encore de manière relativement stable, mais a besoin d’un appui léger pour se sécuriser ou soulager un côté douloureux.
Elle doit être réglée à la bonne hauteur et utilisée du bon côté. Une canne mal réglée entraîne rapidement une mauvaise posture, des douleurs à l’épaule ou une marche encore plus déséquilibrée. Demandez à un kiné de vous aider à trouver la bonne hauteur de canne.
Les cannes tripodes ou quadripodes offrent une base plus large. Elles peuvent être utiles dans certaines situations, notamment lorsque la personne a besoin que la canne tienne seule à l’arrêt. Mais elles sont aussi plus encombrantes et leurs pieds peuvent devenir des obstacles.
Plus de pieds ne signifie donc pas automatiquement plus de sécurité.
Le cadre de marche: stable, mais pas adapté à tout le monde
Le cadre de marche sans roulettes offre un appui important. Il doit cependant être soulevé et avancé à chaque pas. Il peut donc devenir épuisant pour une personne qui manque de force dans les bras, qui s’essouffle rapidement ou qui coordonne difficilement ses mouvements.
Il existe également des cadres munis de deux roues à l’avant. Ils avancent plus facilement tout en conservant davantage de stabilité qu’un rollator à quatre roues.
Là encore, l’essai est indispensable.
Le rollator: utile si la personne sait encore le maîtriser
Le rollator permet de continuer à marcher, de transporter quelques objets et, selon le modèle, de s’asseoir pour reprendre son souffle.
C’est un excellent outil pour certaines personnes. Pour d’autres, il part trop vite devant elles et risque donc de précipiter une chute.
Avant de le choisir, il faut vérifier que la personne peut encore:
- serrer et relâcher les freins
- bloquer les roues avant de s’asseoir
- contourner les meubles
- franchir les seuils
- faire demi-tour sans perdre l’équilibre
- se rappeler les consignes de sécurité.
Un rollator n’est pas un caddie. Si la personne se couche presque pour avancer, il est probablement mal réglé ou mal choisi.
Le fauteuil roulant, dernier outil pour préserver les sorties
Le fauteuil roulant est le dernier outil qui permet aux personnes de sortir avec leurs proches lorsque leur mobilité est très réduite.
Il peut être utilisé pour les longues distances, les rendez-vous ou les sorties, tout en conservant la marche sur de petites distances lorsque celle-ci reste possible.
Il permet parfois d’éviter que la personne abandonne complètement ses activités parce qu’elle ne peut plus parcourir 200 mètres sans douleur ou sans essoufflement.
Le fauteuil doit toutefois être adapté:
- à la largeur du bassin
- au poids de la personne
- à sa capacité à se propulser
- au besoin de maintien du tronc
- au risque d’escarre
- aux dimensions du logement
- au véhicule utilisé pour les déplacements.
Un fauteuil trop large donne peu de maintien. Un fauteuil trop étroit comprime la peau. Des repose-pieds mal réglés modifient la posture et peuvent provoquer des douleurs ou des blessures.
Evitez le matériel qui prend la poussière dans un coin
La canne qui reste derrière la porte. Le rollator qui ne passe pas entre les meubles. Le fauteuil trop lourd pour entrer dans le coffre… et le tout traîne dans un coin du salon.
Avant d’acheter, il faut donc se poser des questions:
- Où le matériel sera-t-il utilisé ?
- La personne peut-elle l’utiliser seule ?
- Passe-t-il dans les portes et les couloirs ?
- Peut-on le transporter ?
- Qui vérifiera les réglages ?
- Que se passe-t-il si l’autonomie diminue encore ?
- Peut-on l’essayer ou le louer avant l’achat ?
Un équipement que la personne refuse ou ne sait pas utiliser n’améliore rien.
Autres outils pour d’autres situations:
Selon la situation, différents équipements peuvent être proposés:
- une barre de redressement dans les toilette ou la douche
- un siège suffisamment haut avec des accoudoirs
- un disque de transfert
- une planche de transfert
- un drap de glisse
- un verticalisateur
- un lève-personne.
Si votre proche ne tient plus debout, se laisse tomber ou devient trop lourd à retenir, ne continuez pas à compenser avec votre dos. Il faut réévaluer le transfert et le matériel.
Aménager la maison
Une aide à la marche ne sert à rien si le passage reste encombré.
Commencez par suivre le trajet réellement effectué par la personne: lit, toilettes, fauteuil, cuisine et porte d’entrée.
Vérifiez ensuite:
- les tapis qui glissent ou se soulèvent
- les câbles dans les zones de passage
- les petits meubles utilisés comme points d’appui
- les seuils difficiles à franchir
- l’éclairage, notamment la nuit
- la hauteur du lit, du fauteuil et des toilettes
- l’accès à la douche
- la présence d’un téléphone ou d’un système d’appel accessible.
Pour préparer le logement après une hospitalisation, consultez également notre article : Comment préparer la maison pour un retour d’hospitalisation ?
Si les transferts au lit deviennent difficiles, un lit médicalisé à domicile peut également sécuriser les soins et réduire les efforts demandés au patient comme à l’aidant.
Et les chaussures ?
On peut avoir le meilleur rollator du monde et continuer à tomber à cause de mauvaises chaussures ou de mauvaises pantoufles.
Pour marcher à domicile, privilégiez des chaussures ou des pantoufles:
- fermées à l’arrière
- suffisamment larges
- bien fixées au pied
- dotées d’une semelle antidérapante
- sans talon instable
- faciles à enfiler sans être trop lâches.
Les mules, les pantoufles déformées et les chaussons sans maintien sont confortables en apparence, mais ils glissent, se retournent et obligent la personne à modifier sa façon de marcher.
En cas de diabète, de neuropathie, d’oedème ou de déformation du pied, l’intérieur de la chaussure doit être vérifié régulièrement. Une couture, un pli de chaussette ou un petit corps étranger peut provoquer une plaie sans être immédiatement ressenti.
Le diabète ne donne toutefois pas automatiquement droit à une paire de chaussures remboursée chaque année. Les chaussures et semelles orthopédiques répondent à des indications précises et à une procédure spécifique.
Les aides à la mobilité sont-elles remboursées en Wallonie ?
Certaines aides à la mobilité peuvent être entièrement ou partiellement remboursées sous conditions.
En Wallonie, les demandes concernant notamment les cadres de marche, les fauteuils roulants, les scooters et certains coussins anti-escarres passent par la mutualité, dans le cadre financé par l’AVIQ.
La démarche commence généralement auprès d’un technologue orthopédique en aides à la mobilité, encore souvent appelé bandagiste. Il évalue le matériel envisagé, explique la procédure et introduit le dossier auprès de la mutualité.
Selon l’équipement et la situation, le dossier peut nécessiter:
- une prescription médicale
- une évaluation fonctionnelle
- des documents complémentaires
- l’accord du médecin-conseil.
Vous restez libre de choisir votre prestataire.
Pour certains aménagements ou équipements liés à un handicap durable, une intervention complémentaire de l’AVIQ peut être possible. Attention: dans le cadre des aides individuelles à l’intégration, la demande doit être introduite avant l’achat ou les travaux. Acheter d’abord en espérant être remboursé ensuite peut conduire à un refus.
Les règles diffèrent également selon que le matériel est acheté, loué ou prêté. Demandez toujours une confirmation écrite avant de vous engager.
Les informations officielles sont disponibles sur la page de l’AVIQ consacrée aux aides à la mobilité.
Si vous hésitez entre plusieurs équipements ou si le retour à domicile devient difficile à organiser, contactez notre équipe. Nous pouvons observer les difficultés réelles à domicile et vous aider à déterminer ce qui sécurisera véritablement le quotidien.
