Prise de sang à domicile: 8 détails qui peuvent fausser vos résultats

Une prise de sang est une sorte de photo prise à un moment précis, de votre état de santé. Les conditions dans lesquelles cette photo a été prise sont évidement importante. Un détail suffit à brouiller la photo: une mauvaise nuit, une période stressante, une séance de sport matinale etc.

On pense généralement qu’il suffit d’être à jeun et de tendre le bras. En réalité, la fiabilité du résultat dépend de beaucoup de facteurs.

1. Être à jeun si c’est nécessaire

Toutes les prises de sang ne nécessitent pas d’être à jeun.

Cela dépend des analyses demandées. Une numération sanguine, par exemple, n’impose pas systématiquement un jeûne. En revanche, certains dosages métaboliques ou examens particuliers doivent être réalisés dans des conditions standardisées.

Lorsque le jeûne est demandé, il signifie généralement:

  • ne pas manger pendant la durée indiquée
  • ne pas boire de café, de thé, de soda ou de boisson énergisante. Uniquement un peu d’eau.
  • ne pas fumer avant le prélèvement
  • ne pas mâcher de chewing-gum.

L’eau reste généralement autorisée et même utile, sauf consigne médicale contraire ou restriction hydrique.

Vous avez mangé par erreur ? Dites-le nous. Soit les analyse pourront être réalisées malgré tout, soit nous reporterons le rendez-vous.

Les informations pratiques concernant la prescription, la vignette et l’organisation sont détaillées sur notre page consacrée à la prise de sang à domicile.

2. Etre déshydraté complique le prélèvement

Certaines personnes cessent de boire dès la veille parce qu’elles pensent que à jeun signifie également sans eau. Une prise de sang n’est pas une anesthésie!

Et être en stress hydrique avant une prise de sang est une mauvaise idée dans la majorité des cas.

La déshydratation peut rendre les veines moins accessibles et concentrer temporairement certains éléments du sang. Chez une personne âgée, fébrile, sous diurétiques ou qui boit déjà trop peu, le problème peut être encore plus marqué. Cette déshydratation va fausser la photographie.

Sauf instruction contraire, vous pouvez boire de l’eau avant notre passage. Non seulement, nous aurons plus facile à trouver vos veines mais en plus, votre médecin ne sera pas affolé par des résultats faussés.

3. La séance de sport matinale peut modifier certaines valeurs

Un effort important peut notamment modifier temporairement certains marqueurs musculaires et métaboliques. Il peut influencer la créatine kinase, le lactate, certaines enzymes, le potassium ou encore la glycémie.

Si le bilan vise justement à comprendre une douleur musculaire, une fatigue ou une anomalie biologique, cela peut rendre son interprétation beaucoup plus difficile.

Dans la mesure du possible, évitez les efforts intenses dans les 24 heures qui précèdent un bilan programmé et accordez-vous quelques minutes de repos avant le prélèvement.

4. L’heure du prélèvement à son importance

Le corps ne fonctionne pas de manière identique à 8 heures et à 17 heures.

Certaines hormones suivent un rythme journalier. Le cortisol en est l’exemple le plus connu, mais il n’est pas le seul. Pour comparer deux résultats, il est parfois utile d’effectuer les prélèvements à une heure similaire.

5. Et la prise du traitement chronique?

Lorsque la prise de sang est programmée à jeun le matin, les médicaments du matin doivent être généralement pris après le prélèvement, sauf consigne explicite différente du médecin.

Préparez-les simplement afin de pouvoir les prendre dès que la prise de sang est terminée, avec votre petit-déjeuner (sauf ceux qui doivent être pris à jeun, qui seront pris une demi-heure avant de manger).

Certains traitements nécessitent cependant des instructions particulières. C’est notamment le cas lorsque le médecin demande de mesurer la concentration d’un médicament dans le sang. Dans ce cas, vous serez peut-être amené à arrêter le traitement dès la veille et le prélèvement sera alors souvent être réalisé juste avant la dose suivante, afin de mesurer le taux résiduel. C’est le médecin qui demande le prélèvement qui doit vous informer de ces détails.

Au moment de la prescription, demandez-lui:

  • quels médicaments doivent être pris après le prélèvement
  • à quelle heure la dernière dose a été prise
  • si un médicament ne peut pas être retardé.

S’il n’existe aucune consigne claire, rappelez le prescripteur ou le laboratoire avant notre passage. N’improvisez pas.

6. Les compléments alimentaires doivent aussi être signalés

Les patients pensent souvent aux médicaments, mais oublient les vitamines, les poudres, les plantes et les compléments achetés sans prescription. Or, ces molécules sont visibles pour le laboratoire.

La biotine, par exemple, est présente à dose élevée dans certains compléments destinés aux cheveux et aux ongles. Si votre médecin demande un dosage, prévenez-le que vous suivez une cure.

En revanche, signalez systématiquement ce que vous prenez. Une photo des boîtes sur votre téléphone suffit souvent à éviter un oubli.

7. Une valeur doit toujours être interprétée dans son contexte

Une prise de sang réalisée pendant une infection, après une opération ou au cours d’une poussée inflammatoire ne raconte pas la même histoire qu’un bilan de routine.

La ferritine en est un bon exemple. Elle renseigne sur les réserves en fer, mais elle peut également augmenter en présence d’inflammation. Une valeur normale ou élevée ne permet donc pas toujours d’exclure un manque de fer si le contexte inflammatoire n’est pas pris en compte.

De la même manière, une glycémie, une CRP, des globules blancs ou certaines enzymes ne s’interprètent jamais correctement sans connaître:

  • les symptômes actuels
  • les maladies chroniques
  • les traitements
  • une éventuelle infection
  • une intervention récente
  • l’évolution des résultats précédents.

Le résultat doit être replacé dans l’histoire du patient par le médecin qui a demandé l’analyse.

8. Le prélèvement et le transport peuvent eux-mêmes modifier le résultat

Lorsque les globules rouges sont endommagés dans le tube, on parle d’hémolyse. Cela peut perturber plusieurs analyses et provoquer, par exemple, une élévation artificielle du potassium.

Le remplissage des tubes, leur ordre, leur mélange, leur identification et leur transport ont également leur importance. Certains prélèvements doivent rejoindre rapidement le laboratoire. D’autres nécessitent des conditions particulières de température ou de protection contre la lumière.

Nous devons:

  • vérifier l’identité du patient et la faire correspondre à la prescription
  • utiliser les tubes adaptés aux analyses demandées
  • respecter leur ordre de prélèvement et leur niveau de remplissage
  • éviter les manipulations susceptibles d’altérer l’échantillon
  • identifier les tubes auprès du patient
  • assurer leur conservation et leur acheminement dans les conditions prévues.

Vous devez organiser une prise de sang à domicile au Roeulx ou dans notre zone d’intervention ? Contactez l’équipe Harmonéo avec votre prescription afin que nous vérifiions ensemble les modalités du prélèvement.