Urgence à domicile: quand appeler votre infirmière, votre médecin ou le 112?
Une personne âgée tombe. Un pansement se gorge de sang. La respiration semble difficle. Un médicament a peut-être été pris deux fois. Votre proche est inhabituellement confus.
Qui faut-il appeler? L’infirmière, le médecin, le 1733 ou composer immédiatement le 112?
Qui appeler?
Une règle simple peut déjà guider votre décision:
- un problème lié à un soin en cours, comme un pansement, relève généralement de votre infirmière
- un symptôme nouveau chez une personne dont l’état reste stable relève du médecin
- un problème médical qui ne peut pas attendre le retour du médecin traitant peut relever du 1733
- une détresse vitale, comme une difficulté respiratoire, une dégradation brutale ou un symptôme neurologique soudain justifie un appel au 112.
Ces catégories ne sont pas parfaitement cloisonnées. Un pansement qui se décolle peut attendre l’infirmière. Mais le même pansement qui se décolle parce qu’il se gorge rapidement de sang peut nécessiter le 112.
C’est tout autant la nature du problème qui compte, que sa brutalité, son intensité et l’état général de la personne.
Quand appeler votre infirmière à domicile?
Votre infirmière est la bonne interlocutrice lorsque la situation concerne un soin qu’elle connaît et qu’il n’existe pas de signe de détresse immédiate.
Vous pouvez notamment la contacter, selon les modalités convenues avec l’équipe, lorsque:
- un pansement se décolle, fuit ou ne tient plus
- une sonde urinaire semble plus vide qu’à l’habitude
- une perfusion, une pompe ou un cathéter semblent ne pas couler, une alarme sonne
- une glycémie est inhabituelle, mais que la personne reste consciente et stable
- vous avez un doute sur la manière d’administrer un traitement
- une dose de médicament semble avoir été oubliée ou prise deux fois
- une douleur connue évolue
- vous constatez une rougeur, un gonflement ou un écoulement autour d’un dispositif (sonde vésicale, cathéter, pansement)
- l’état de votre proche change progressivement sans présenter de signe de détresse vitale.
Votre infirmière peut évaluer la situation, vérifier le soin ou le dispositif, adapter ce qui relève de ses compétences et décider si le médecin doit être prévenu.
Mais elle ne remplace ni le médecin ni les services de secours.
Si la personne ne répond plus, respire très difficilement, présente une douleur thoracique importante ou un déficit neurologique soudain, composez immédiatement le 112.
Quand appeler le médecin traitant?
Le médecin traitant doit être contacté lorsqu’un symptôme nouveau nécessite une évaluation médicale, mais que la personne reste stable.
C’est notamment le cas en présence:
- d’une fièvre sans détresse respiratoire ni altération majeure de la conscience
- d’une douleur nouvelle ou insuffisamment soulagée
- d’une toux qui s’aggrave progressivement
- de vomissements ou d’une diarrhée persistante
- de symptômes urinaires
- d’une perte d’appétit importante
- d’une fatigue inhabituelle
- d’une confusion apparue progressivement
- d’un gonflement des jambes
- d’effets indésirables liés à un traitement
- de chutes répétées
- d’une aggravation lente d’une maladie connue.
Chez une personne âgée ou fragile, un changement apparemment discret peut être important. Une chute, une diminution des apports alimentaires, une somnolence ou une modification du comportement peuvent annoncer une infection, une déshydratation, un problème médicamenteux ou une décompensation.
Et lorsque le médecin traitant n’est pas disponible?
En Belgique, le 1733 permet de joindre la médecine générale de garde pour un problème médical qui ne met pas immédiatement la vie en danger, mais qui ne peut pas attendre une consultation normale.
Le 1733 peut être utile le soir, la nuit, le week-end ou un jour férié, pour tous les exemples cités ci-dessus. Le système oriente l’appel vers le service de garde approprié.
Si la personne présente une détresse vitale ou se dégrade rapidement, il faut appeler directement le 112.
Quand faut-il appeler immédiatement le 112?
Le 112 est réservé aux situations nécessitant une aide médicale urgente. L’appel est gratuit en Belgique et dans toute l’Union européenne.
Appelez immédiatement le 112 si la personne présente (liste non exhaustive):
- une perte de connaissance ou ne répond plus
- une absence de respiration normale ou une respiration anormale
- une difficulté respiratoire brutale ou importante
- une coloration bleutée des lèvres ou du visage
- une douleur, une oppression ou un serrement important dans la poitrine
- une paralysie ou une faiblesse soudaine d’un côté du corps
- une déformation de la bouche
- une difficulté brutale à parler ou à comprendre
- un saignement abondant impossible à contrôler
- une réaction allergique avec gonflement du visage, de la langue ou difficultés respiratoires
- une première convulsion, une convulsion prolongée ou plusieurs crises sans reprise de conscience
- une chute grave, un traumatisme important ou une impossibilité de bouger
- une dégradation rapide et sévère de son état général
Une personne inconsciente qui ne respire pas normalement doit être considérée comme étant en arrêt cardiaque. Il faut appeler le 112, mettre le téléphone en haut-parleur et commencer la réanimation en suivant les instructions de l’opérateur.
Vous ne devez pas déterminer vous-même s’il s’agit d’un infarctus, d’une embolie pulmonaire, d’un AVC ou d’une autre urgence. Vous devez décrire ce que vous observez et donner votre adresse complète.
En cas de suspicion d’AVC, chaque minute compte
Retenez trois signes:
- le visage se déforme
- un bras devient faible ou retombe
- la parole devient difficile, étrange ou incompréhensible.
Un seul de ces signes suffit pour appeler le 112, même s’il disparaît après quelques minutes.
Notez l’heure à laquelle les symptômes ont commencé ou la dernière fois que la personne a été vue dans son état habituel. Cette information peut influencer les possibilités de traitement.
Ne donnez ni nourriture, ni boisson, ni médicament sans instruction médicale. Ne conduisez pas vous-même la personne à l’hôpital sans avoir demandé l’avis du 112.
Après une chute: infirmière, médecin ou 112?
Toutes les chutes ne nécessitent pas une ambulance. Mais une chute ne doit jamais être banalisée chez une personne âgée, fragile parfois traitée par anticoagulants.
Appelez le 112 si la personne:
- a perdu connaissance
- présente une confusion nouvelle
- a heurté sa tête et se comporte anormalement
- ne peut plus bouger un membre
- présente une déformation ou une douleur intense
- ressent une douleur importante au dos, au bassin ou à la hanche
- saigne abondamment
- respire difficilement
- ne peut pas être relevée sans douleur ou sans risque
Si elle semble indemne et reste parfaitement consciente, contactez l’infirmière ou le médecin afin de comprendre pourquoi elle est tombée et d’évaluer les conséquences.
Ne relevez pas précipitamment une personne qui présente une douleur importante. Une fracture du bassin ou de la hanche n’est pas toujours visible. Lisez également notre article sur les équipements qui changent le quotidien
En cas d’erreur médicamenteuse ou d’intoxication
Si un médicament a été pris deux fois, si vous ignorez la quantité absorbée ou si une personne a ingéré un produit potentiellement toxique, contactez le Centre Antipoisons au 070 245 245.
Préparez le nom du produit ou du médicament, son dosage, la quantité supposée, l’heure de la prise, l’âge et le poids de la personne.
En présence d’une perte de connaissance, de convulsions, de graves difficultés respiratoires ou d’une dégradation rapide, appelez directement le 112.
Ne faites pas vomir la personne et ne lui donnez pas un autre médicament en « antidote » sans avis médical.
Et mon proche en soins palliatifs?
Chez une personne en soins palliatifs, une aggravation soudaine demande également une réponse rapide. Mais cette réponse n’est pas nécessairement une hospitalisation.
Lorsque la situation a été anticipée, la famille doit savoir:
- qui appeler en priorité
- quels médicaments peuvent être administrés par la bouche et s’ils peuvent l’être
- quelles sont les volontés du patient
- si une hospitalisation reste souhaitée et dans quels cas
Le statut palliatif ne signifie jamais qu’il ne faut plus rien faire. Il signifie que l’objectif prioritaire est le soulagement des symptômes plutôt que la prolongation de la vie à tout prix.
Cette décision doit être discutée, prescrite et documentée à l’avance.
Que préparer avant d’appeler?
Si vous appelez le 1733 ou le 112, qui ne connaissent pas votre proche, transmettez des informations précises.
Préparez si possible:
- le nom et l’âge de la personne
- l’adresse exacte et le moyen d’entrer dans le logement
- l’heure de début des symptômes
- ce que vous avez observé
- l’évolution depuis le début
- l’état habituel de la personne
- les paramètres mesurés et les conditions de mesure si vous avez mesuré quelque chose
- les maladies connues
- les traitements, notamment les anticoagulants, l’insuline et les antalgiques
- les allergies connues
- une hospitalisation ou une opération récente
- les soins déjà réalisés
- les directives ou protocoles particuliers éventuels.
Lorsque vous appelez le 112, répondez aux questions de l’opérateur et ne raccrochez pas avant qu’il vous le demande. Ouvrez la porte, éloignez les animaux et rassemblez les médicaments, les documents médicaux en votre possession et la carte d’identité.
C’est cette transmission structurée qui permet au médecin ou à l’opérateur du 112 de prendre rapidement une décision pertinente.
